lundi 10 mars 2008

L'atelier vidéo s'expose










L'atelier vidéo et cinéma, initié par le G.E.CO s'expose à l'école d'architecture de Nancy durant le mois de mars.












L'atelier vidéo a pour but d'élargir le champ architectural au domaine du cinéma et de l'image. Il propose de découvrir les fondements de cet art, au travers d'exercices divers. A suivre.

Exposition : le voyage No 2








Le G.ECO expose en ce moment à l'école d'architecture de Nancy, les différents voyages effectués par les étudiants de 3e année dans le cadre du cours de Jo Abrams.








L'exposition est librement visible jusqu'à la mi-mars. elle met fin au cycle d'exposition sur le thème du voyage.

dimanche 24 février 2008

INTERVIEW D'ARCHITECTE

Le Blographic a discuté il y a quelque temps avec l’architecte nancéen Nicolas Depoutot, également président de la Maison de l’Architecture et enseignant à l’Ecole d’Architecture de Nancy.


MOI : Pourquoi, selon vous, l’avenir de l’architecte en France, est incertain ?

NICOLAS DEPOUTOT : Pourquoi est-il incertain ? Je crois que la question serait plutôt, est ce qu’il est incertain ? La qualité architecturale n’est pas une préoccupation partagée par tout le monde et surtout dans le champ de la construction.

MOI : Y compris les architectes ?

N.D. : Disons que tous les architectes y sont sensibles, mais dès qu’on sort de la catégorie des architectes, dans le monde de la construction il y a beaucoup de gens pour qui la qualité architecturale est secondaire. Donc tant que ces gens là ne seront pas convaincus de l’importance de la qualité architecturale, l’avenir est effectivement incertain. MOI : Comment vous définiriez-vous en tant qu’architecte ?

N.D. : Je pense que définir le métier d’architecte, c’est la grande question : selon les interlocuteurs et ce qu’on attend d’un architecte, il y a plusieurs définitions. Pour moi, l’architecte c’est quelqu’un qui est attaché à la qualité de l’espace et de l’environnement et ensuite, tout cela se décline suivant les contextes, ce pourquoi nous sommes appelés.

MOI : C’est aussi une personne qui « montre quelque chose » au yeux des gens ?

N.D. : Je pense que ce n’est pas un art et que l’architecte n’est pas un artiste, même si toutefois l’architecture peut parfois relever de l’art. Par rapport à ma pratique, je ne peux pas trop m’avancer là-dessus ; c’est quelque chose d’assez mouvant et je n’ai pas de vision catégorique de tout cela.

MOI : Il y a beaucoup d’architectes qui ont leur propre langage et qui cherchent à affirmer leur « écriture ». Est-ce que la reconnaissance et un passage obligé ?

N.D. : Avoir une écriture et être reconnu pour son écriture, je pense que c’est illusoire et très peu d’architectes le sont vraiment.

MOI : Comment imaginez-vous l’architecture dans 10 ans ?

N.D. : En ce qui concerne l’avenir, je pense qu’il va y avoir de plus en plus de grandes agences, un peu « à l’américaine », liées à des groupes financiers et des groupes de construction, qui s’octroieront la grosse commande et les gros projets. Ensuite il y aura toujours une petite architecture, une architecture d’artisan, celle des petites agences qui s’occuperont des ‘petites choses’. Je pense que nous allons tendre vers cela, une répartition entre grandes sociétés et petits artisans, un peu comme dans le monde du BTP.

MOI : On a un peu l’impression que l’histoire se répète, depuis la Renaissance où la grande commande était réservée aux grands maîtres et les petits travaux réservés aux petits métiers.Est-ce que l’on va une fois de plus, tendre vers un schéma de ce type ?

N.D. : La différence qu’il y a avec ces temps là, c’est qu’à cette époque on n’était pas seulement architecte mais aussi ingénieur, mathématicien, physicien …Maintenant, les agences vont rester des agences d’architecture, les ingénieurs sont dans des bureaux d’études et donc le schéma sera semblable mais tout de même différent.

MOI : Comment évalueriez-vous la distance entre les études et le métier ?

N.D. : Il y a forcément une distance, car il y a dix mille façons d’être architecte. Toujours par rapport à ce que j’ai vécu, lorsque je travaillais dans l’agence de Jean Nouvel, je n’ai pas ressenti de grandes différences avec l’école, tout le monde était très jeune, peu expérimenté, plein d’enthousiasme et à peu près prêt à tout. Par contre dans les petites agences, c’est très différent, car encore une fois il y a plusieurs catégories à l’intérieur même de ce métier. Je pense qu’on rentre en école d’architecture avec une vision un peu romantique du métier, qu’on garde tout le long des études et cela change une fois arrivé dans le vif du sujet.

MOI : Quelle est la priorité de l’architecture : faire du neuf ou réhabiliter l’ancien ?

N.D. : Statistiquement, aujourd’hui, il y a plus de travail dans le domaine de la réhabilitation que dans la construction neuve. Cependant il y a peu d’architectes vraiment spécialisés soit dans l’un soit dans l’autre. Le fait qu’il y ait de plus en plus de réhabilitations s’explique par le manque de terrain dans nos villes et donc, forcément, on part de quelque chose d’existant que l’on va plus ou moins agrandir ou démolir.

MOI : Pourtant, en ce qui concerne les terrains, il y en a beaucoup tout autour des villes, et beaucoup ne se privent pas de les utiliser !

N.D. : Je pense qu’il y a moins d’étalement urbain qu’il y a quelques années. Cela s’explique par une certaine prise de conscience que l’on retrouve d’ailleurs dans cette frénésie de la réhabilitation.

MOI : Quelles sont les difficultés que vous pouvez rencontrer lors de la conception d’un projet et de son exécution ?

N.D. : La principale difficulté vient de la diversité des langages et des objectifs propres à chaque intervenant. Même si l’objectif de chacun est le même, avoir un bâtiment le mieux construit possible, le plus vite possible et le moins cher possible, chaque acteur de la maîtrise d’œuvre et de la maîtrise d’ouvrage, a une vision différente de l’ensemble. La difficulté est là : on travaille tous dans le même objectif, mais pas dans la même philosophie.

MOI : D’après vous, quel est l’origine de ce problème ?

N.D. : Je pense que c’est à l’origine, un problème de société et presque un problème de civilisation. On est dans une société où l’objectif est de gagner de l’argent, tandis que l’architecte a d’autres objectifs qui ne sont pas quantifiables. Quand on est face à un maître d’ouvrage dont l’objectif principal est de faire de l’argent, on n’est pas dans la même vision des choses. C’est un problème de communication, de connaissances et de culture. Donc la révolution qu’il faut faire, c’est l’éducation à l’architecture !

MOI : Quels sont les freins au développement de l’architecture en France ?

N.D. : Evidemment, comme on vient de le dire, c’est le manque de culture et d’appétit architectural mais le principal frein, c’est une forme de vie qui fait que les priorités sont inversées et que la qualité de vie est moindre.

MOI : Comment gardez-vous à l’esprit vos ambitions architecturales dans toutes les étapes de votre travail ?

N.D. : C’est peut-être un peu cynique, mais je n’ai pas le discours du « quelque soit le truc que je fait, une niche pour chien ou un collège, j’y porte la même attention ». Je pense qu’il y a des contextes où l’on peut faire de l’architecture avec un certain niveau d’exigences et d’autres où l’importance du geste sera moindre. C’est sûr que c’est un discours un peu dangereux car on peut se dire que ce n’est jamais le moment de faire de l’architecture, mais il faut bien comprendre le contexte dans lequel on travail et adapter le niveau d’exigences à ce dernier.

MOI : D’après vous, où débute le travail de l’architecte et où se termine-t-il ?

N.D. : On pourrait dire que ce travail ne s’arrête jamais, car être architecte c’est aussi une façon de voir la vie, ça débute et ça ne s’arrête pas ! Après, professionnellement, il y a un moment où la mission commence et un moment où elle s’arrête. Je pense tout de même que l’on a une sorte de mission due à notre capacité de voir des choses et de les comprendre pour les faire partager le plus possible.

MOI : Ce qui est paradoxal, c’est que, lorsque l’on devient architecte, on a tendance à perdre cette capacité à voir notre environnement de manière simple et objective, car on acquiert des outils pour le rendre intelligible et mesurable. Du coup on perd de plus en plus la capacité de communiquer, ce qui pose problème pour cette profession.

N.D. : La difficulté c’est de se mettre en phase avec les gens : garder un œil et un discours d’architecte et l’adapter au grand public, qui sont les premiers concernés par tout cela. Pour prendre un exemple, il y a quelques jours, j’étais en vacances avec des amis qui ne sont pas architectes, on mangeait tous les midis au même endroit et sur la même terrasse et à ce moment là on pouvait parler de qualité de l’espace lorsque l’on choisissait notre table : il fallait prendre en compte la position du soleil, le vent etc …

MOI : Il y a en effet quelque chose d’innée en ce qui concerne l’architecture, c’est cette capacité que nous avons tous à observer notre environnement et peut-être qu’une des missions de l’architecte et de révéler cette capacité.

N.D. : En effet et c’est pour cela que c’est d’autant plus important de communiquer dans ce métier.

MOI : Quel conseil me donneriez-vous pour mon avenir et celui de tous les étudiants ?

N.D. : Il faut essayer d’être éveillé et d’avoir conscience des difficultés et de toutes ces choses auxquelles on n’est pas préparé à l’école. Le conseil que je donnerais est d’avoir des expériences multiples et profiter des occasions pour se forger une base solide pour entrer de plain pied dans le métier. Il faut garder à l’esprit que la formation ne s’arrête pas à l’obtention du diplôme !

MOI : Est-ce que la récente réforme des études affecte les agences d’architecture ?

N.D. : Aujourd’hui, c’est difficile à dire. A mon avis, ce qui est en marche, est plus opérationnel que ce qui avait avant. Je pense qu’il ne faut pas laisser traîner les étudiants des dizaines d’années dans les études et qu’il ne faut pas sacraliser le diplôme au point que cela devienne une étape trop difficile. Evidement je dis tout cela par rapport à la vie professionnelle qui vient après.

MOI : D’après vous, l’architecte doit-il rester la pieuvre qui, avec son grand nombre de tentacules, sait aussi bien dessiner un projet que suivre un chantier ou que résoudre des problèmes urbains, ou bien doit-il redistribuer ces compétences dans différents corps pour qu’il se consacre uniquement à l’architecture ?

N.D. : Je pense que la question ne se pose quasiment plus quand on voit la complexité d’un chantier. De toute façon, à part être hors normes, ce n’est plus possible de tout maîtriser. Ensuite, la question est de savoir dans quel cas on parle de sous-traitance, et dans quel cas se serait une même société qui engloberait toutes ces compétences. Dans le cas d’une agence d’architecture, c’est surtout une question de moyens et de marchés, qui vont permettre ou non cela.

MOI : L’architecture se trouve-t-elle plus proche du pouvoir ou du peuple ?

N.D. : (Rires) Est-ce que le peuple est près du pouvoir ? Le pouvoir tel qu’on le voit, les élus et les personnes qui ont des responsabilités, on ne les sent pas très proches du peuple. C’est quand même eux qui font les lois et en extrapolant, l’architecture ! Ce sont des maîtres d’ouvrage pour qui on travaille, donc à mon avis, l’architecture est plus proche du pouvoir. Cela pourrait changer si le pouvoir se rapprochait du peuple !

MOI : Un citation d’Alvar Aalto : l’architecture c’est une histoire de joints. Qu’en pensez-vous ?

N.D. : Le mot « joint », je l’interprète par faire la liaison avec les gens. Mais cela fait aussi référence à la construction et à la difficulté de faire le raccord entre deux éléments. Ce mot peut regrouper différentes significations à différentes échelles

MOI : Pour moi ce mot évoque aussi le joint ou la liaison entre le nouveau et l’ancien. Peut-être qu’aujourd’hui nous devons nous attarder à faire une architecture qui affirme ses liaisons avec l’ancien en magnifiant le « joint » qui les unie.

N.D. : Oui, on peut le voir comme ça. Je pense aussi qu’il faut voir tout ça avec une certaine relativité. Ce que l’on nous enseigne de l’histoire de l’architecture, c’est ce qu’on enseignera aussi de notre époque. Si on prend par exemple Le Corbusier ou Wright, ils étaient à un tel niveau intellectuel et social qu’ils pouvaient s’abstraire de certaines contraintes, et c’est encore vrai pour certains architectes aujourd’hui, pour ne pas citer Jean Nouvel. Mais je pense que le commun du travail était différent de celui des architectes d’aujourd’hui. Nous vivons les choses au contemporain et du coup nous manquons de recul pour pouvoir s’auto-analyser, mais je ne suis pas sûr que c’était mieux avant et que ce sera pire après.

MOI : Un dernier mot ?

N.D. : J’aimerais bien te poser une question à mon tour ! Comment vois-tu ton avenir dans l’architecture ?

MOI : Je vous rejoins beaucoup sur certains points, concernant votre vision de l’architecture. En ce qui concerne le métier, je me cherche encore, mais je pense qu’en tant qu’étudiant on doit se trouver un fil rouge, le plus tôt possible, vu la courte durée des études. Celui auquel je me tiens, c’est de trouver un moyen de faire de l’architecture en s’abstrayant de certaines contraintes qui polluent un peu le métier, une sorte d’alternative. Mais je me dis aussi que justement cette alternative là, je peux la trouver dans le métier d’architecte, c’est-à-dire en attaquant ces problèmes dans le cœur même de la profession, par une pratique différente par exemple. Le but ultime serait de trouver une nouvelle identité à l’architecte, en quelque sorte.C’est d’ailleurs toutes ces questions qui m’ont amené à faire ce stage chez vous car, sachant que vous étiez président de la Maison de l’Architecture et professeur associé à l’EAN, cela m’intéressait d’observer comment vous réussissiez à pratiquer l’architecture en dehors du métier et cela va, je pense, m’aider à trouver des réponses aux questions que je me pose vis-à-vis de la profession.

N.D. : C’est vrai que toutes ces activités que je pratique en dehors de ma profession m’ont beaucoup aidé à tenir le coup et à garder ma passion pour l’architecture. Au début de ma carrière, avec tous les problèmes qu’il pouvait y avoir sur les chantiers, c’était assez dur de rentrer chez moi et de vivre une vie normale. Maintenant cela va mieux car, à coté de la pratique de la maîtrise d’œuvre, je suis reconnu pour faire des choses positives et j’ai une vie dans l’architecture, hors des contraintes du métier. Je pense que cela peut t’apporter quelques réponses à ces grandes questions que tu te poses !


Pour en savoir plus, allez faire un petit tour sur : http://www.nicolasdepoutot.com/ et http://www.maisondelarchi-lorraine.com/blog/

vendredi 1 février 2008

Soirée Cinéma-Architecture 2






Nous vous proposons de renouveler l'atelier courant février-mars, en projetant le film chinois de Jia Zhang Ke, "Still Life".

Ce film retrace l'histoire de deux personnages, recherchant leur conjoints respectifs, dans le paysage du barrage des 3 gorges. Il nous livre un véritable poème urbain sur le devenir de nos villes et sur l'actualité de certains pays loin du notre...


A suivre...

Compte-Rendu










Cette après midi s'est déroulé notre atelier cinéma et architecture à l'école d'architecture de Nancy. Après la projection du film de Francesco Rosi "Main basse sur la ville", nous avons pu échanger quelques paroles sur les thèmes abordés dans cette oeuvre cinématographique.


Etaient présents, Mr Alain Casari, l'architecte invité, Mr Nicolas Depoutot (architecte nancéen et président de la maison de l'architecture) Mr Jean-Pierre Marchand et Mr Potoski (enseignants à l'EAN) et un groupe d'étudiants.

Le film se situant dans le Naples des années 60, nous présente la corruption immobilière et politique qui ravage la ville. Suite à l'effondrement d'un immeuble dans un quartier en pleine reconstruction, une société immobilière se retrouve accusée de négligence. Dès lors s'en suit une véritable guerre politique, infiltrée par des entrepeneurs véreux.



L'architecte Alain Casari à souligné le caractère représentatif de cette oeuvre cinématographique. Rosi filme comme un architecte dessine la représentation d'une réalité. Une réalité qui, valable encore aujourd'hui, nous montre une lutte entre le bien et le mal, même si au bout du compte, le bien et le mal ne se distinguent plus. Rosi film ici l'homme dans sa globalité, et ses croyances qu'il défend avec ferveur.


Le point de vue de Jean-Pierre Marchand, philosophe, tentait d'éclairer certains points sombres qui planent autour de ce film. Il a traduit ces scènes d'éfondrements en une image de la "deshumanisation".


Mis à part ces questions philosophiques que soulèvent ce film, le thème de la crise urbaine et de la place de l'architecte nous a sauté au yeux. En effet le film montre une ville quie se fait et se défait avec ou non la présence d'urbanistes et d'architectes. Une ville qui, en somme, peut exister sans le citoyen et donc sans la démocratie.


Réalité ou fiction ? A suivre...





dimanche 20 janvier 2008

Soirée Cinéma-Architecture



Un petit rappel. La soirée Cinéma-Architecture aura lieu le vendredi 1er février 2008 à l'école d'architecture de Nancy, 2rue Bastien Lepage. Nous vous donnons rendez vous à 16h30, dans l'amphi A, pour une projection du film de Rosi "Main Basse sur la Ville" qui sera suivi d'un débat avec deux invités, l'architecte Mr Casari et un professeur de l'IECA (Institut Européen du Cinéma et d'Audiovisuel).

Le G.E.Co espère vous voir nombreux !